| 個人檔案"Une chose m'a interpell...相片部落格清單 | 說明 |
|
17 September Ton invitationJ'ai accepté par erreur ton invitation Louise Attack 11 September Principe de la grenouille chauffée, par Olivier Clerc
« Principe de la grenouille chauffée d’Olivier Clerc, écrivain et philosophe : imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte, et ne fait rien. La température continue à monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais avoir fait quelque chose pour s’extraire de la marmite. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte qui l’aurait éjectée de la marmite… Cette expérience montre que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition. »
Cette allégorie m’éclaire sur ma condition passée de femme maltraitée. Effectivement, je suis à présent convaincue que si les évènements n’avaient pas été progressifs, je me serais révoltée. Mais effectivement, l’insidieuse progression a annihilé toute forme de contestation. Telle la grenouille de l’histoire, la fatigue a pris le pas sur l’action, sous la forme d’une dépression qui me conduisait en fait à ma propre destruction. C’est exactement ce que vivent la plupart des femmes battues et humiliées, lorsque les maltraitances apparaissent « avec le temps », et qu’elles gardent au fond d’elles-mêmes le souvenir d’un homme qu’elles ont aimé « autrement ». C'est probablement l'une des raisons majeures pour lesquelles si peu de femmes victimes de violence conjugale parviennent à s'en sortir, à faire le pas décisif de quitter celui qui les maltraite. Le phénomène est beaucoup plus rare chez celles qui sont confrontées à la violence dès le début de la relation. Dans un tout autre domaine, cette fable nous confronte à notre société actuelle, endormie par des discours politiques vides de sens mais riches en grands mots et en figures de style que personne ne comprend… Pas de mouvements sociaux d’envergure, de manifestations façon « Mai 68 »… On se contente de râler et de refaire le monde devant les informations… Les changements, à doses homéopathiques, n’agissent pas aussi radicalement que les antibiotiques… N. – 10 septembre 2009 9 September De l'importance que revêt pour moi cet espace personnel
Ce matin, au petit déjeuner, Vincent me pose cette étrange question : -« A quoi te sert-il d’écrire sur ton espace perso ? Il ne s’agit pas d’une activité productive, au terme de laquelle sortirait quelque chose de palpable, de concret… » Chaque texte que je rédige, chaque morceau de musique que je choisis, chaque illustration que j’importe, illustre avant tout un instant de vie, un ressenti, un sentiment capté sur le moment. A l’instant du choix ou de la rédaction, cet élément parle à mon coeur, séduit mes oreilles ou impressionne mes yeux. C’est moi, là et maintenant. Le visiteur de mon espace à cet instant regarde un instantané, un polaroïd, dont la date d’impression figure en bas du billet. C’est tout. Il n’en connaîtra pas davantage sur moi en tant que personne. Chaque billet publié sur mon espace, chaque morceau choisi, chaque citation, chaque référence, est une proposition de partage avec celles et ceux qui viennent parcourir ces pages. Une simple proposition. Le lecteur adhère, ou n’adhère pas. Il s’attarde sur plusieurs pages, ou choisit de quitter rapidement. Rien n’est imposé. Si je n’accorde pas la rédaction de commentaires directement sur le blog, c’est que je ne souhaite pas qu’il puisse être modifié. Il ne viendrait à l’idée de personne d’écrire un commentaire sur une toile, ou de casser l’instrument d’un musicien parce que l’œuvre qu’il vient de jouer n’a pas plu… -« En fait, cet espace, c’est comme tes maquettes de bateaux, Vincent, ces maquettes que tu mets des années à fabriquer de tes propres mains, dessinant d’abord les plans, puis contraignant les fines lames de peuplier entre tes doigts, chauffant la matière, découpant, collant, assemblant avec une passion infinie, pour enfin exposer. Lorsque tu construits tes bateaux, tu te fais plaisir, dans un premier temps. Tes maquettes connaissent de toi tes moindres sensations de chaque instant de leur construction. Lorsque tu les exposes, c’est une proposition que tu fais au regard de ceux qui vont avoir accès à ton travail. Libre à chacun, ensuite, d’aimer ou de ne pas aimer. Tu n’imposes rien, même si tu souhaites que ton travail soit apprécié, qu’il apporte du plaisir à qui le regarde. La démarche est la même pour mon espace : d’abord, la satisfaction, la joie de faire, de composer, de choisir, la décharge de sentiments au moment de l’action, puis le partage. Et l’espoir d’avoir été comprise, d’avoir plu. C’est ce partage qui est l’élément concret de nos réalisations. Le partage et, probablement, le désir inconscient de laisser quelque chose derrière soi. » N. – 7 septembre 2010 |
|
|