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31 March
Il existe comme ça des petits moments de douceur, des petits moments de bonheur, des surprises qui viennent rompre le quotidien. Des moments vrais, des moments frais, des petits miracles, quand juste quelques mots viennent apporter un nouvel éclairage. Ce sont quelques notes tendres qui nous sont adressées, et qui, sur la portée de notre vie, composent le plus merveilleux message qui soit donné : nous sommes aimés.
Hier, j’ai reçu ces quelques lignes. Ce n’est pas de la littérature. Et Dieu merci : l’expérience m’a démontré que derrière les jolis mots trop bien écrits, trop bien pesés, trop bien réfléchis, ne se cachent pas forcément les sentiments les plus forts. Ici, le texte est court. Les mots sont simples. Ils ne parlent pas de moi. Pas de compliments, donc, pas de flatteries à l’emporte-pièce. L’homme qui parle évoque ses sentiments à lui, pour moi. Pour moi seulement.
Hier, j’ai reçu un véritable message d’Amour. C’était très simple. C’était très beau.
« A ma très Chère et Douce,
Je te dédie ce petit morceau de musique pour te dire que je suis heureux et fier de t’avoir rencontrée un certain mois d’octobre. Je n’oublierai jamais ce jour de grand soleil à l’ombre d’une terrasse entrain de prendre un verre…et les conversations que nous avons eues…
Tu as changé bien des choses dans ma vie, Nelly…
Je ne suis pas un très grand écrivain ou philosophe pour te dire ce que je ressens et je m’en excuse mais ce sont mes mots et je pense qu’ils sont aussi importants à mes yeux, Mon amour pour toi grandit de jour en jour…
Comme dans les paroles, je reviens d’assez loin, pour te voir, pour être bien, chaque endroit me pousse vers toi…
Je pense que ces quelques vers nous correspondent assez bien…
Voilà…
Je finirai ce petit mot par ces quelques paroles,
Tiens, comme un rien,
Je reviens, d’assez loin,
Pour te voir, pour être bien,
Chaque endroit, me pousse vers toi,
Tiens, comme un chien,
Je croise, ton chemin,
Dans le creux de tes seins,
Tu es mon maître, mon malsain,
Tiens, comme une main,
Qui glisse vers un lien,
Qui fond de mes doigts, oui vers toi,
Un endroit qui me pousse vers toi,
Voilà… »
26 March

LA ROCHELLE – Eglise SAINT SAUVEUR - Samedi 21 Mars 2009 – 15h30
Nous sommes venus à La Rochelle pour passer deux jours à découvrir la ville, ainsi que l’Ile de Ré. Du tourisme, donc, rien de plus que du tourisme ? Je ne sais pas pourquoi j’ai proposé La Rochelle. Par curiosité, peut-être, puisque je n’y suis jamais venu. J’ai envie de voir les deux tours qui encadrent l’entrée du Vieux Port.
La curiosité donc, oui, mais pas seulement. Quelque chose m’attire à La Rochelle, une sorte de force. Pour rien au monde je n’aurais voulu rater ce voyage, ou le déplacer. Il aurait fallu… un empêchement physique pour ne pas y aller. Je ne peux expliquer aujourd’hui encore pourquoi cette destination avait autant d’importance à mes yeux, pourquoi il fallait que ce fut La Rochelle.
Nous arpentons depuis deux heures les ruelles qui bordent le Vieux Port. Et puis, soudain, les flèches d’une église, au détour d’une petite rue sans prétention. L’édifice également, d’ailleurs, est sans prétention. Une façade rafistolée, de diverses époques, érodée par le vent et le sel. Nous prenons quelques photos. J’aime les églises pour le bâtiment, l’architecture, le travail que leur construction a représenté. L’aspect purement religieux de l’endroit m’indiffère. Comme une grande partie de mes concitoyens, j’ai reçu une éducation catholique, j’ai été baptisé, fait mes deux communions et la confirmation. Je suis « à jour » de ce côté-là. Mais sans plus. Cela fait longtemps que mes rapports avec Dieu se sont distendus. Cependant, je dois introduire un léger bémol, qui revient chaque année : la messe des Rameaux. Je ne saurais dire pourquoi je ressens le besoin de m’y rendre, et d’accrocher chez moi la fameuse petite branche de buis séchée entre les pages d’un livre… Que représente pour moi l’entrée de Jésus à Jérusalem ? Je ne saurais le dire…
15h30. Nous entrons par la porte latérale, il n’y a pas de porte qui donne directement sur l’allée centrale. Dans un recoin, à droite, à proximité d’un petit oratoire, une statue de Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus. Je la remarque, mais sans plus. Non, ce qui m’attire, c’est le texte qui est apposé à côté, et décrit comment Sainte Thérèse a été investie par sa mission, elle, si simple… Je commence à ressentir des fourmillements dans les pieds, puis progressivement, dans les jambes. Cette sensation m’est désagréable, je ne l’attribue à rien de précis, mais elle me dérange.
Sur la droite, une statue de Notre Dame de Lourdes. Elle se tient là, toute blanche avec une ceinture bleue, une auréole : « Je suis l’Immaculée Conception »… et un regard… un regard d’une telle profondeur que l’on pourrait s’attendre à la voir ciller. Je la regarde. Et je crois qu’elle aussi, me regarde. Je reste là, stupéfait par sa beauté, et accroché à ses yeux si vivants dans leur parfaite immobilité. Je ne peux me détacher de son image. Les fourmillements ont progressé, et j’éprouve maintenant une sensation d’enfoncement au niveau du sternum, de pression sur le diaphragme. Lorsqu’enfin je parviens à détacher mon regard du sien, mes pas me conduisent vers un autre oratoire. Une petite pancarte signale : « Chapelle du Saint Sacrement. Ici, présence eucharistique. Lieu de silence et de prière. » Je franchis la barrière, et m’assieds.
Je regarde un tableau accroché sur le mur face à moi. Du dessin représenté, je ne me souviens pas, et qu’importe au fond. Il y avait quelque chose de rouge, sur un arrière plan foncé, et juste en dessous, un Christ en croix. Je ferme les yeux. Cela fait des années que je ne me suis pas adressé à Dieu : j’ai un contentieux avec lui depuis 1999, date du décès de ma belle-sœur et du diagnostique de ma maladie. Une maladie qui devrait m’accompagner tout le reste de ma vie… Je ne sais pas pourquoi je choisis ce jour et ce lieu pour renouer le dialogue. Alors, je parle à Dieu comme je le ferais à un confident. J’évoque ma maladie, mon fils atteint du même mal que moi. Je dis à Dieu que j’irai à Lourdes au mois d’avril pour la première fois et que j’appréhende cette visite : je ressens le besoin d’y aller, mais j’ai peur de ce que je vais y trouver, j’ai peur qu’il « se passe quelque chose ». Je lui parle aussi de personnes avec qui j’ai été en conflit, et lui confie mes désirs d’entrer sur un chemin de pardon vis-à-vis d’elles. Probablement l’effet de la réunion Théophile du jeudi précédent, dont le thème était « Péché, Pardon, Réconciliation »… Je me sens plus ouvert. Je le remercie enfin pour une rencontre récente, chère à mes yeux et à mon cœur, qui me permet à nouveau d’envisager l’avenir avec bonheur et de faire des projets de vie.
Tout à coup, ma gorge se serre fortement. Une sensation de malaise m’envahit. J’ai beaucoup de fourmis dans les mains, et je me mets à trembler de tout mon corps. J’ai peur de ce qui m’arrive. J’ai besoin de sortir de là, tout de suite, mais je n’y parviens pas. Je suis comme vissé sur ma chaise, et mes jambes ne me porteraient pas, de toutes façons. Je suis vide. Il n’y a plus rien dans ma tête. Je panique. Je ne maîtrise plus rien. Mon corps s’agite en tremblements. La personne qui m’accompagne se met à genoux devant moi. Elle pose ma tête sur son épaule, et prend mes mains entre les siennes. Comme j’essaie de retenir les larmes qui montent en moi, elle me dit doucement, au contraire, de les laisser couler. « Ce sont des larmes de consolation, qui entrainent les poids trop lourds à porter. », me dit-elle. Alors, je laisse faire, et je me mets à pleurer comme lorsque j’étais enfant. Je n’ai pas versé une seule larme depuis cette époque. Ce moment dure plusieurs minutes. Je sens partir au fil de l’eau des peines qui pèsent lourd depuis longtemps, trop longtemps, et que je ne peux plus porter. Je ne sais pas quoi au juste. Peut-être aurai-je plus tard la réponse. Mais c’est encore trop tôt. Je laisse là, en cette heure et en ce lieu, une partie de mes souffrances au pied de la Croix. Et la paix se fait en moi. Les tremblements s’apaisent, les larmes se tarissent, les forces reviennent.
Je suis sorti de cet endroit avec le sentiment d’être plus léger, transformé, serein. Je sais déjà que je ne regarderai plus jamais le monde de la même manière. C’était le 21 mars 2009, en l’église Saint Sauveur de La Rochelle…
Vincent – 26 mars 2009
« … lorsque je suis arrivé à mon lit, j’ai été projeté par terre, mes jambes se sont dérobées. Ce qui m’arrivait était d’une violence inouïe. S’il faut une image pour tenter d’exprimer ce que j’ai alors ressenti, je prendrais celle du vase. Le mien était rempli d’eau croupie, il s’est brusquement vidé pour faire place à une eau vive et pure. »
« Une joie si profonde, si intense qu’elle vous arrache des larmes ! L’amour entre en vous et prend littéralement toute la place. Le « costume » humain craque aux coutures. L’esprit est traversé d’un sentiment paradoxal ; il applaudit à cet envahissement mais, du même mouvement, il en a peur car Dieu prend tout lorsqu’il vient… »
Didier DECOIN - Panorama – Mai 2003
« Il a fait 4 000 kilomètres à pieds pour rejoindre celle qu'il aime et maintenant il veut traverser la Manche à la nage. Et moi quand t'es partie je n'ai pas été fichu de traverser la rue pour te rattraper »
Vincent Lindon, à Audrey Dana, in Welcome, de Philippe Lioret - mars 2009
Allez, un petit geste, quoi. Il suffit de recharger le portable d’un sans-papier ou de lui offrir un bol de soupe… Vous devenez ainsi un “aidant”, passible de 5 ans de prison et 30 000 € d’amende. Une dizaine d’associations, dont Emmaüs, relayant le message du film “Welcome”, lancent un appel à toutes les bonnes volontés. Et faut se bouger : le ministère de l’Immigration compte sur 5 500 arrestations cette année. (Télérama, en relais du film Welcome)
Note personnelle : Jusqu'à aujourd'hui, je croyais qu'en France, refuser de nourrir une personne qui a faim relevait pour le moins de l'incivisme, voire de la non assistance à personne en danger. J'ignorais que donner à manger à un être humain pouvait relever de la cause pénale... Nous serions nous trompés d'époque ? ...
"J'ai fait l'amour, je fais le mort."
(Alain Bashung - 7 Mars 2009)
Si tu penses qu’Amour rime avec Aliénation de la Liberté, alors tu te trompes. L’Amour n’est pas et n’a jamais été l’Aliénation de la Liberté de l’autre. Celui que tu aimes, ne t’appartient pas. Tu ne lui appartiens pas non plus. Le Créateur lui-même a voulu la liberté de sa Créature, lui laissant son libre arbitre, alors qu’il aurait eu toute aptitude à la contraindre. Non. Il ne l’a pas fait. Il a accordé à l’homme sa confiance, au nom de l’Amour qu’il lui porte. Alors, toi aussi, si tu aimes, accorde ta confiance. L’Amour ne peut pousser que dans le terreau de la confiance. Si tu ne peux accorder ta confiance, alors tu n’es pas dans l’Amour. Car l’Amour est indissociable de la confiance.
N – 13 mars 200911 March
La vie est une série de Pâques, c'est-à-dire de naissances impliquant le consentement à une mort préalable, depuis la sortie du sein maternel, jusqu’au dernier soupir, où nous devrons accepter de mourir à notre vie naturelle pour entrer dans la vie de Dieu lui-même. Entre ces extrêmes, deux autres étapes sont fondamentales : le passage de l’enfance à l’adolescence, et celui de l’état adulte à la maturité, c'est-à-dire à la découverte de notre identité véritable. Or devenir soi-même ne peut se faire qu’au prix de la mort des personnages que nous avons endossés pour paraître aux yeux des autres - ou des nôtres. Ce passage est particulièrement délicat, car il se fait le plus souvent à l’occasion d’une épreuve, d’un échec, d’une « crise » qui remet en cause ce que nous avions soigneusement mis en place.
Chacun de nous un jour ou l’autre, est invité à offrir son « Isaac », à accepter de mourir à ce qu’il y a d’inauthentique en sa vie, pour accéder à son identité profonde. Certes nous désirons tous devenir nous-mêmes ; mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Combien d’entre nous résistent avant de faire «le grand saut », car il s’agit de mourir avant de renaître : il faut en effet accepter de perdre, sans savoir par avance ce que nous trouverons. » D’après une homélie du Père Joseph Marie – Famille de Saint Joseph
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