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March 26 Une Ame en Peine ( spéciale dédicace pour H.)
Quand tu entends ce vieux réveil Paroles et Musique: Philippe Chatel 1973 "Première chansons" March 17 La Ronde des Ecoliers du MondeLa ronde des Ecoliers du Monde
Depuis bien trop longtemps Les hommes sur la terre Ne s’unissent vraiment L’espoir est dans l’enfant qui sauve la lumière du ciel en chantant
Tous les enfants ont mérité La connaissance, la joie et la santé Tous en naissant devraient gagner Le droit à l’Amour et la Vérité
Si tous ensemble on se donnait la main Pour préparer un meilleur lendemain Elargissons la ronde Des écoliers du monde
Tous les enfants ont mérité La connaissance, la joie et la santé Tous en naissant devraient gagner Le droit à l’Amour et la Vérité
Essayons de donner une chance à la vie Tâchons de respcter même les plus petits Elargissons la ronde Des écoliers du monde
Tous les enfants ont mérité
La connaissance, la joie et la santé
Tous en naissant devraient gagner
Le droit à l’Amour et la Vérité
Au village les filles et les garçons Chaque matin à l’école se retrouveront Sans raison le monde ne tourne pas rond Sans lumière on ne voit plus l’horizon
YOUSSOU N’DOUR
March 15 Altérité et Dualité
« Très tôt, nul ne peut ignorer qu’il est ce qu’il est parce que autrui y a pourvu. Par conséquent, cet autre, grâce auquel je suis, et qui n’est que grâce à moi, est justifié à revendiquer en ce qui le concerne la considération et les droits que j’estime m’être dus. Puisque sans coédification intersubjective, il n’y aurait pas d’humanité, la reconnaissance de la valeur associée à l’altérité m’apparaît constituer un fondement incontournable de la pensée morale. » « Moi et lui, l’un et l’autre, constituons la matrice duale et indivise où se développent les personnes irréductibles les unes aux autres, mutuellement inconnaissables et pourtant indissociables. » Axel KAHN, Christian GODIN – L’Homme, le Bien, le Mal, Une morale sans transcendance – Editions STOCK, les Essais, 200 March 13 Envie de vivre
« A quoi sert de donner des années à la vie, si l’on ne donne pas de vie aux années ? » Professeur LANTIERI - Chirurgien March 11 Toujours, Jamais
Toujours, Jamais… Deux mots si souvent utilisés pour accompagner le mot amour… « Je t’aimerai toujours »… «Je ne te quitterai jamais»… Mots de littérature, figures de style de la passion, de l’aspect définitif du sentiment. Le temps s’est arrêté l’espace d’un instant dans des bras inconnus ou familiers, qu’importe. « Toujours je t’aimerai »… « Jamais je ne te quitterai »… Et pourtant… il suffit que passe un parfum un peu plus envoûtant, une chevelure un peu plus blonde, un corps un peu plus ferme, un visage un peu plus jeune, pour que ces mots porteurs d’espoirs et d’avenir s’effacent en un clin d’œil dans l’oubli de l’instant, dans l’éphémère, emportant avec eux la confiance en soi, la confiance en l’autre dans un abime de désespoir… Ils deviennent le clou enfoncé de la trahison, du mensonge, du caractère superficiel et instable de toute chose. Toujours, Jamais, mots d’enfants, d’adolescents en proie aux premiers émois amoureux, à l’âge où l’on y croit encore de toute sa crédulité, de toute sa candeur, dans ce qu’elle a de plus beau et de plus innocent. Les enfants y croient avec leur cœur d’enfant et leur amour d’enfant tout neuf, même si leurs parents séparés leur ont déjà montré que Toujours et Jamais ne sont que deux places dans le dictionnaire… Pour eux, ce sera différent… Et il faut qu’ils en soient persuadés pour pouvoir croire encore aux princes et aux princesses qui s’animent au premier baiser et ne se quittent pas, fut-ce dans la mort... Toujours… Jamais… Je n’ai jamais connu plus bel amour que le tien… Mais serai-je assez forte pour toujours te pardonner ? N. - 10 Mars 2008
March 05 Pierre DESPROGES - Hommage
« Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup, ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s'effacent devant les droits de l’asticot. » Pierre DESPROGES March 04 J'ai compris
J’ai compris… Cela fait maintenant deux ans, un mois, et vingt six jours que je vis comme un funambule sur son fil, dans un équilibre instable. J’avance à petits pas hésitants, les bras tendus en guise de balancier pour rétablir l’ensemble défaillant. Cela fait longtemps que j’ai laissé tomber la petite ombrelle de dentelle. Qu’importe. C’est simplement moins joli, plus gauche. Deux ans, un mois et vingt six jours que je me suis réfugiée dans les médocs comme d’autres dans la drogue ou l’alcool. Il paraît que ce n’est pas pareil du tout. C’est mon psy qui l’a dit. Non, non ! Les médocs, c’est pour soigner, alors que les deux autres, c’est pour détruire… Détruire… Cela fait deux ans, un mois et vingt six jours que j’ai quitté la maison avec les enfants. Les plus beaux et les plus merveilleux du monde, bien sûr, puisque ce sont les miens. Je passe sur les raisons. Prise au piège, j’ai rongé la patte blessée pour me dégager. Je me suis amputée par nécessité, certes, mais amputée quand même. Ce qui est le plus difficile à supporter dans ces moments là, ce n’est pas la douleur, mais la foule animale autour qui vous dit que vous avez bien fait, que vous avez pris la bonne décision, choisi la meilleure solution… qu’est-ce qu’elle en sait ? Deux ans, un mois et vingt six jours… je ne vois toujours pas le bout du câble. J’avance comme je peux, un pied après l’autre, sans prétendre présumer du prochain pas. Toujours la peur au ventre, la peur de tomber dans le vide, qui me fait me retenir au drap dans un irrépressible soubresaut lorsque je parviens à m’endormir… grâce aux médocs… Mais maintenant, j’ai compris… J’ai compris ce qui m’empêche de marcher avec les pieds sur le sol… j’ai laissé éclater ma famille, impuissante. Depuis deux ans, un mois et vingt six jours, je vis dans le chaos chaque jour que Dieu fait. L’émerveillement a laissé la place à la lassitude, il n’y a plus de certitude, plus rien de solide, plus rien de véritablement beau. Les yeux de mes enfants ont perdu au passage une partie de leur innocence. Ils dorment ensemble, pour ne pas avoir peur. Et souvent, je les rejoins. N. Mars 2008 March 03 De la présence de Dieu
« Le monde, c’est la trop lourde présence des choses où l’on sent parfois la trop vive absence de Dieu. Le désert, c’est la trop dure absence des choses où l’on sent parfois la trop douce présence de Dieu. » Jean-Yves LELOUP Prêtre orthodoxe Dire aux enfants
Dire aux Enfants Nous allons dire aux enfants que leur vie va changer, avec des mots trompeurs et lâches, dire qu’ils ne doivent pas être inquiets. Leurs parents les aiment, c’est ce qui compte, allons-nous répéter. Leurs parents sont laminés, épuisés par les nuits sans sommeil, les tentatives de sauvetage, les longs tunnels comateux, l’espoir enfui, mais leurs parents vont se tenir devant eux, presque souriants, et vont prononcer deux phrases, tout au plus, deux ou trois phrases composées tout spécialement pour l’occasion, un enchaînement de mots qui dira l’amour et la fin de l’amour, l’amour qu’on a pour eux et qu’on n’a plus pour nous. Deux phrases qui vont tuer quelque chose en eux, après qu’est mort quelque chose en nous. Nous allons réunir les enfants, ce soir, avons-nous décidé, avant ou après le repas, nous n’avons pu choisir. Nous allons nous installer tous les quatre dans le salon, ou autour de la table de la cuisine. Nous pensions éviter le soir, à cause de la nuit juste après. Nous voulions éviter le matin, à cause de l’école juste après. Nous voulions éviter de faire le malheur de nos enfants et pourtant, nous allons confirmer les statistiques. Nous allons tenter de relativiser en nous inscrivant dans le grand mouvement qui sépare les papas et les mamans. Nous allons leur apporter la preuve que l’amour n’est rien, rien de ce qu’on nous avait laissé croire. Nous allons couper court à leurs illusions, leur transmettre le goût de l’inachevé. Nous allons apparaître sous un jour nouveau, minables et coupables approximatifs. Nous allons encore dire « nous », pour la dernière fois, ensuite nous parlerons comme tous les parents séparés, nous dirons « ton père », nous dirons « ta mère », et surtout nous passerons à la première personne du singulier. Nous tenterons de ne pas trop trahir notre amputation. Nous allons encore dire « nous » ce soir, « nous devons vous parler », « nous avons décidé, papa et moi ». Nous avons décidé de ne plus dire « nous » (…) Brigitte GIRAUD - L'amour est très surestimé - Editions STOCK - 2007 |
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