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27 November L'anniversaire de JésusCe soir, j'ai écouté mes enfants qui parlaient de Noël dans leur lit, et plus précisément, de l'anniversaire "du Jésus", comme ils disent. Ils n'avaient pas perçu ma présence dans l'obscurité du couloir. Camille, 9 ans, Mathis, 7 ans, et Sacha, 4 ans et demi, avaient décidé de lui offrir un cadeau pour son anniversaire.
Mais que peut-on bien offrir à Jésus ?
-" Moi, je vais lui offrir un livre sur les Indiens d'Amérique, parce qu'il n'y en a plus, alors il ne peut pas savoir qu'ils ont existé".
Puis, Sacha à dit :
-"Moi, je vais lui offrir une décoration que je vais faire moi-même pour son sapin de Noël."
Enfin, Camille, après mûre réflexion, a annoncé:
-"Eh bien moi, je vais lui offrir un documentaire sur les animaux, la nature, sur les hommes... et sur Dieu.".....
25 November IgnorancesIgnorances
Qui n’a jamais eu soif, ignore la fraîcheur de la source. Qui n’a jamais eu faim, n’a jamais éprouvé la bienfaisance d’être rassasié. Qui n’a jamais manqué de lumière, n’a jamais vu l’éclat merveilleux de tes yeux. Qui n’a jamais contemplé son reflet dans ton regard, n’a jamais été regardée. Qui n’a jamais entendu le son de ta voix, ne saurait reconnaître le chant de l’oiseau. Qui n’a jamais caressé ta peau, n’a jamais connu la douceur. Qui n’a jamais senti le doux effleurement de tes doigts, vit dans un corps orphelin. Qui n’a jamais humé les doux effluves de ton corps, n’a pas rencontré la magie des parfums. Qui ne t’a pas connu, ignore le bonheur d’être aimée.
N. L'un s'en va et l'autre resteL'UN PART, L'AUTRE RESTE
Ont-ils oublié leurs promesses Au moindre rire au moindre geste Les grands amours n’ont plus adresse Quand l’un s’en va et l’autre reste. N’est-il pêché que de jeunesse N’est-il passé que rien ne laisse Les grands amours sont en détresse Lorsque l’un part et l’autre reste. Reste chez toi Vieillis sans moi Ne m’appelle plus Efface-moi Déchire mes lettres Et reste là Demain peut-être Tu reviendras Gestes d’amour et de tendresse Tels deux oiseaux en mal d’ivresse Les grands amours n’ont plus d’adresse Quand l’un s’en va l’autre reste. Sont-ils chagrins dès qu’ils vous blessent Au lendemain de maladresse Les grands amours sont en détresse Lorsque l’un part et l’autre reste. De tristes adieux Que d’illusions Si c’est un jeu Ce sera non Rends-moi mes lettres Et reste là Demain peut-être Tu comprendras Ils n’oublieront pas leurs promesses Ils s’écriront aux mêmes adresses Les grands amours se reconnaissent Lorsque l’un part et l’autre reste (Charlotte GAINSBOURG)
23 November Hommage à Monsieur Maurice BEJARTMerci, Monsieur, pour l'ensemble de votre oeuvre.
Chef d'oeuvre magistral.
"Mon Boléro, disait Ravel, devrait porter en exergue : enfoncez-vous bien cela dans la tête!". Plus sérieusement, il expliqua : "En 1928, sur la demande de Mme Rubinstein (Ida Rubinstein, célèbre danseuse et actrice russe), j'ai composé un boléro pour orchestre. C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l'harmonie et le rythme, ce dernier marqué sans cesse par le tambour. Le seul élément de diversité y est apporté par le "crescendo" orchestral. Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l'œuvre de Ravel : "Musique trop connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie (d'origine orientale et non espagnole) s'enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d'intensité, dévorant l'espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie". Sans vouloir décrire davantage ce ballet évident par lui-même, remarquons que Maurice Béjart, dans un style très différent, rejoint l'esprit du "Sacre du Printemps" en ce sens qu'à l'inverse de la plupart de ceux qui ont illustré chorégraphiquement le "Boléro" avant lui, il répudie toutes les facilités du pittoresque extérieur pour exprimer uniquement - mais avec quelle force ! - l'essentiel. Maurice Béjart confie le rôle central (la Mélodie) tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs. 22 November Bonheur
« Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous possédons » Arnaud Desjardins L'ombre portée du Marcheur
Il a un corps plein d’ombres, des vêtements de cire. En ville, on reconnaît sa silhouette, et les enfants ne rient jamais sur son passage. Le vent d’hiver lui presse un peu le pas, menace de voler son béret, mais la rivière qui le longe ne glisse pas plus vite ; elle frissonne seulement comme sa main d’écorce tremble à héler les canards, et que d’un sac éclatent les semences de vieux pain. Il vient ici presque tous les jours : quand il est fatigué de demander l’aumône aux passants, il déserte la rue principale et s’en va sur les berges. C’est sa manière à lui de rester à hauteur des regards qui le croisent.
Bruno BERCHOUD – L’ombre portée du marcheur – L’Atelier imaginaire – Le Dé Bleu
Le Petit Prince - Chapitre XX
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CHAPITRE XX
Mais il arriva que le petit prince, ayant longtemps marché à travers les sables, les rocs et les neiges, découvrit enfin une route. Et les routes vont toutes chez les hommes - Bonjour, dit-il. C'était un jardin fleuri de roses. - Bonjour, dirent les roses. Le petit prince les regarda. Elles ressemblaient toutes à sa fleur. - Qui êtes-vous ? leur demanda-t-il, stupéfait. - Nous sommes des roses, dirent les roses. - Ah! fit le petit prince... Et il se sentit très malheureux. Sa fleur lui avait raconté qu'elle était seule de son espèce dans l'univers. Et voici qu'il en était cinq mille, toutes semblables, dans un seul jardin ! "Elle serait bien vexée, se dit-il, si elle voyait ça... elle tousserait énormément et ferait semblant de mourir pour échapper au ridicule. Et je serais bien obligé de faire semblant de la soigner, car, sinon, pour m'humilier moi aussi, elle se laisserait vraiment mourir..." Puis il se dit encore: "Je me croyais riche d'une fleur unique, et je ne possède qu'une rose ordinaire. Ça et mes trois volcans qui m'arrivent au genou, et dont l'un, peut-être, est éteint pour toujours, ça ne fait pas de moi un bien grand prince..." Et, couché dans l'herbe, il pleura. Bridge over troubled waterWhen you're weary, feeling small,
When tears are in your eyes, I will dry them all; I'm on your side. When times get rough And friends just can't be found, Like a bridge over troubled water I will lay me down. Like a bridge over troubled water I will lay me down. When you're down and out, When you're on the street, When evening falls so hard I will comfort you. I'll take your part. When darkness comes And pains is all around, Like a bridge over troubled water I will lay me down. Like a bridge over troubled water I will lay me down. Sail on silvergirl, Sail on by. Your time has come to shine. All your dreams are on their way. See how they shine. If you need a friend I'm sailing right behind. Like a bridge over troubled water I will ease your mind. Like a bridge over troubled water I will ease your mind Merci à tous mes amies, amis, contacts... ils se reconnaîtront.
Nelly Lettre au Père NoëlLe Père Noël
Ce matin, en déposant mes enfants à l’école, mon petit garçon de six ans m’a demandé : -« Dis, Maman, ce soir, on fera la liste pour le Père-Noël ? » -« Bien sûr, » lui ai-je répondu, avec un entrain qui n’a convaincu que lui. J’ai regardé ses yeux, et ceux de ses sœurs, tout illuminés d’étoiles rien qu’à la perspective d’écrire LA LETTRE importante de l’année.
Le soir venu, le petit garçon n’avait rien oublié de la promesse du matin. Il m’a rejointe dans la cuisine où je préparais le repas du soir, avec tous les catalogues de jouets qu’il avait ramassé dans la boîte aux lettres depuis une dizaine de jours, trois grandes feuilles de papier, un stylo, et de jolis feutres à encre pailletée pour décorer sa lettre et celles de ses sœurs. Cette année avait été difficile. Sans travail, les ressources de la famille avaient fondu, et j’avais décidé depuis le matin d’expliquer à mes enfants que le Père Noël ne pourrait pas être aussi généreux que l’an précédent. Qu’il y avait un peu plus d’enfants d’année en année, et que de ce fait, il fallait partager un peu plus, afin que chacun reçoive quelque chose dans sa botte de Noël. J’avais même imaginé avouer à ma fille aînée, qui a encore la joie de croire au Père Noël à 9 ans, que le grand Monsieur Rouge à Barbe Blanche était en fait un personnage de conte inventé par les adultes. Maintenant, étant donné son âge, elle avait gagné le droit de partager avec eux le suprême secret, avec le devoir et la grande sagesse de ne rien dévoiler aux deux plus jeunes… Dans ma tête, le plan était donc bouclé. C’est ainsi que la soirée se déroulerait lorsque viendrait l’heure d’établir les lettres au Père Noël. Je n’avais rien laissé au hasard, pensé à toutes les petites questions nouvelles d’année en année… Cultiver ce doux mensonge qui fait autant plaisir aux adultes qu’aux enfants… voire davantage… J’avais donc, disais-je, pensé à tout… à tout… sauf… aux yeux émerveillés de mes enfants devant les pages des catalogues, les joues rouges de plaisir, le sourire éclatant… je n’ai apporté aucun commentaire lorsque mon aînée a fait remarquer qu’elle ne comprenait pas pourquoi il y avait des prix inscrits à côté des articles, alors que, bien entendu, ce sont les lutins et les elfes qui fabriquent les cadeaux toute l’année dans le ciel, dans l’atelier du Père Noël. Et que donc, ceux-ci ne coûtent rien … Alors j’ai laissé de côté tout mon plan, les réponses toute prêtes… Je n’ai pas mis d’autres restrictions que celles des années précédentes : le Père Noël est équitable. Chaque enfant doit pouvoir recevoir quelque chose. Et je leur ai fait confiance. Comme chaque année, ils se sont limités à 3 ou 4 jouets, ils n’ont jamais fait de pages entières de listes infinies… Lorsqu’ils sont allés se coucher, heureux, après avoir recopié soigneusement et sans faute leur précieux courrier, j’ai regardé ce qu’ils avaient demandé. Bien que n’étant pas exigeants, leurs demandes dépassaient le budget que j’avais prévu… Alors j’ai réfléchi. J’ai revu leurs efforts pour obtenir de bons résultats scolaires, mon petit garçon qui sait lire, ma grande fille qui, malgré son handicap, se tient dans le peloton de tête de sa classe, ma petite dernière et toute la joie qu’elle apporte dans notre maison… J’ai entendu leurs mots d’amour et de soutien dans ma tête, senti leurs caresses sur ma joue les jours de peine, revu la tristesse dans leurs grands yeux interrogateurs lorsque parfois, ils me voient pleurer… trop souvent… Alors je suis allée jusqu’à la bibliothèque, et derrière la troisième rangée de livres, j’ai attrapé le vieux pot en faïence chinoise dans lequel je cache un peu d’argent pour les urgences. Il y avait urgence. Alors j’ai pris les billets pliés avec soin, et j’ai décidé de les offrir… au Père Noël…
N.
19 November Et toujours cette flammeEt toujours cette Flamme …
Il est souvent bien lourd notre lot de souffrances ; Pourquoi faut-il que l’Homme y rajoute la peur Avec tous ses guerriers qui sèment la terreur, Brisant à tous jamais des milliers d’existences ?
Pourras-tu de nouveau, toi, rayon de soleil, Illuminer la fleur, la grâce d’un sourire, La blancheur d’une feuille où je saurais traduire Le bonheur de guider l’enfant dans son éveil ?
Là, ma plume offrirait au secret de la page Un poème de vie où l’amour et la paix Effaceraient le gris des nuages épais. Simple en serait le titre : « A l’écoute d’un Sage ».
Mais ce rai n’est qu’espoir, étoile dans la nuit, Le songe d’un instant qui passe inaccessible, Mystérieux regard qui voit dans l’invisible L’irréelle douceur d’une flamme qui luit.
Se veut-elle espérance, enchantement ou rêve ? Un poète averti dira qu’elle est les trois. Si sa clarté faisait égaux pauvres et rois, L’Humanité vivrait en éternelle trêve.
Simone-Amélie BOINOT, Fleurs de Lune, Editions Regards Choisi aujourd'hui par N. pour H. Commentaire personnel :
" Si tu veux recommencer à vivre, je ne parle pas de survivre, de respirer mécaniquement, de manger parce que le corps réclame, de marcher parce que tes pieds avancent, de rire parce qu'à un instant précis, tout le monde rit, ou de pleurer parce qu'à un autre instant, il faut pleurer. Non, je parle de vivre au plus profond de toi, de jouir de la vie, de pouvoir t'émerveiller de chaque jour que Dieu fait, de t'émerveiller vraiment, d'être en accord avec toi-même, alors il est nécessaire de ne pas ajouter la peur à ta souffrance." N.
La fidélitéUne petite citation issue du film "Le Coeur des Hommes 2". L'acteur Gérard DARMON s'adresse à son ami Marc LAVOINE, en plein désarroi amoureux, lui faisant remarquer que :
"La fidélité est une invention des hommes, à une époque où l'espérance de vie n'excédait pas 35 ans..."
A méditer .... 18 November La Cité de la Joie
Max un jeune chirurgien américain traumatisé par l'échec d'une opération, décide de ne plus pratiquer et par en Inde pour fuir ses démons. Arrivé à Calcutta, il refuse dans un premier temps de s'impliquer dans la misère qui l'entoure. Mais les circonstances vont l'amener au coeur des bidonvilles. C'est dans cette Cité de la joie que Max va combattre la maladie, la misère et le racket aux côtés des déshérités et les aider à retrouver leur dignité... "Tout ce qui n’est pas donné, est perdu" "Si un homme courbe le dos trop souvent, cet homme là finira par ne plus pouvoir se relever."
"Les Dieux ont voulu que ce ne soit pas facile pour être un homme, et je crois que c’est pour ça qu ‘on se sent tellement bien quand on y arrive quand même"
(Hazari Pal)
De la rive à la DériveDe la rive à la Dérive
Il était un homme infiniment bon, intelligent, pourvu d’une sensibilité féminine, amateur d’art et de beauté. Il aimait Matisse et Baudelaire, Dali et Rimbaud, Picasso et Aragon. Et l’Afrique. Et Camille Claudel. Et moi, je l’aimais. Il trainait cependant derrière lui une éternelle tristesse, comme un baluchon trop lourd, relique de l’irremplaçable absence maternelle et de la perte d'un grand amour. Il m’a prise Femme, Maîtresse et Mère. De cette trinité improbable, il ne resta avec le temps que la dernière entité. Or, l’Amante ne peut être la mère de l’Homme. Nous l’ignorions tous les deux. Petit à petit, au fil du temps comme au fil de l’eau, la Femme disparut. La maîtresse disparut. Toutes deux englouties. Et l’Homme redevenu Adolescent rebelle se perdit dans des délires où se mêlaient à l’envi les vapeurs éthyliques aux fumées lourdes et acres des herbes illicites… L’alcool, cette infamie en vente libre qui devint insultes et calomnies en sa bouche, violence au creux de ses poings, tempête dans son cerveau assailli par les démons de l’ivresse. Et un jour, il fallut en finir avec les cris, la terreur, l'injustice, l'inexistence, les larmes des enfants apeurés suspendus aux jupes maternelles comme de petits naufragés au radeau salvateur. En finir avec les sempiternelles menaces, les jurons orduriers qui sortent en flots abjectes entre les lèvres autrefois tant aimées, tant embrassées… Partir…. Partir…. Partir … et ne pas revenir… Et c’est là le plus douloureux. J’eus préféré qu’il prit une maîtresse de chair et de sang.... au moins l’un d’entre nous aurait-il été heureux… N La fille qui pleure sur le rebord du mondeLa fille qui pleure sur le rebord du monde
Album : L'explorateur
Car, dans son âme, vagues abondent, Car en son for doutes retombent, Et elle voit tournoyer les gens en farandole Car dans sa joie peu féconde Dans sa pupille rubiconde, Et elle entend chanter les enfants dans la foule Car dans mon âme vagabonde Car dans mon fort d’outre-tombe, Et nous repartirons nous mêler à la fête 15 November Odette Toutlemonde
Cher monsieur Balsan, Je n’écris jamais car, si j’ai de l’orthographe, je n’ai pas de poésie. Or il me faudrait beaucoup de poésie pour vous raconter l’importance que vous avez pour moi. En fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois. Voyez comme je rédige mal : une fois aurait suffi ! Je n’ai aimé qu’un homme, mon mari, Antoine. Il est toujours aussi beau, aussi mince, aussi jeune. C’est incroyable de ne pas changer comme ça. Faut dire qu’il est mort depuis dix ans, ça aide. Je n’ai pas voulu le remplacer. C’est ma façon de l’aimer toujours. . ………………………. Franchement, ma vie, avant de vous connaître, je la trouvais souvent moche, moche comme un dimanche après-midi à Charleroi quand le ciel est bas, moche comme une machine à laver qui vous lâche quand vous en avez besoin, moche comme un lit vide. Régulièrement la nuit, j’avais envie d’avaler des somnifères pour en finir. Puis un jour je vous ai lu. C’est comme si on avait écarté les rideaux et laissé entrer la lumière. Par vos livres, vous montrez que, dans toute une vie, même la plus misérable, il y a de quoi se réjouir, de quoi rire, de quoi aimer. Vous montrez que les petites personnes comme moi ont en réalité beaucoup de mérite parce que la moindre chose leur coûte plus cher qu’aux autres. Grâce à vos livres, j’ai appris à me respecter. A m’aimer un peu. A devenir l’Odette Toulemonde qu’on connaît aujourd’hui : une femme qui ouvre ses volets avec plaisir chaque matin, et qui les ferme chaque soir aussi avec plaisir. Vos livres, on aurait dû me les injecter en intraveineuse après la mort de mon Antoine, ça m’aurait fait gagner du temps. Quand un jour, le plus tard possible, vous irez au Paradis, Dieu s’approchera de vous et vous dira : « Il y a plein de gens qui veulent vous remercier du bien que vous avez fait sur terre, monsieur Balsan . » , et parmi ces millions de personnes, il y aura Odette Toulemonde. Odette Toulemonde qui, pardonnez-lui, était trop impatiente pour attendre ce moment là. Odette
Eric-Emmanuel SCHMITT, Odette Toutlemonde et autres Histoires – Albin Michel
14 November Je regarde le monde...
Assise à cette terrasse, je regarde le monde. Le monde qui passe et repasse devant moi, se croise, se décroise, se toise ou s’ignore, dans cette gare immense où personne ne se connait. Je regarde le monde, en tripotant ma tasse de café. J’ai une heure devant moi avant ma correspondance, mais le livre que je traîne dans mon sac depuis plusieurs jours ne m’intéresse pas. Aujourd’hui, je regarde le monde. Je prends le train chaque jour depuis maintenant deux ans, je m’assieds ici chaque matin pour attendre ma correspondance, et je n’ai jamais regardé le monde comme je le regarde aujourd’hui. J’ai tout à coup de l’intérêt, presque de la sympathie pour ces anonymes, devenus familiers. La jeune femme aux cheveux châtains ondulés, elle vient tous les vendredis. Son Amour travaille en province, il groupe son travail sur les quatre premiers jours de la semaine, voyage dans la nuit du jeudi au vendredi, et elle l’attend tous les vendredis matins, à la même table près de la fenêtre, histoire de l’apercevoir dès sa descente du train. Lorsque le train se présente à l’entrée de la gare, il l’appelle sur son portable. Alors elle se lève et court l’accueillir. A ce moment précis, ils sont seuls au monde. On se croirait dans un film de Truffaut. Ils ont bien la quarantaine épanouie, mais lorsqu’ils se retrouvent, ils ont vingt ans … Les quatre étudiantes à droite se rejoignent ici. Elles prennent leur petit déjeuner ensemble, en se racontant leurs histoires de filles. -« Eh, t’as vu, Michel et Mathilde, ils sont plus ensemble ? » -« Ben non, disons que Mathilde, elle a trouvé Michel entrain d’embrasser Rachel dans les toilettes des filles ! Au fait, j’ai rendez-vous au planning familial, tu viens avec moi ?» Et tout cela, en toute discrétion, de manière à ce que personne n’ignore les actualités brûlantes du lycée Jean Jaurès…. Tiens, une fille que je n’ai jamais vue auparavant. Ca fait un petit moment que je suis là ; et elle était déjà là à mon arrivée. Elle triture un morceau de papier entre ses doigts, on dirait une photo… Ses yeux se perdent dans la salle des pas perdus. Elle cherche quelqu’un, quelqu’un qu’elle ne trouvera pas. Ses yeux s’embuent, elle se retient. Elle est prête à partir, puis se ravise, regarde l’heure, semble se donner un nouvel ultimatum. Elle appelle pour la n-ième fois un correspondant qui ne décroche pas. Finalement, c’est elle qui décrochera, l’échine courbée, abattue, vaincue. Il n’est pas venu … Un jeune homme bien de sa personne vient de faire son entrée. Je le regarde, il me sourit, je lui rends son sourire. Costume, cravate, chaussures cirées, petit attaché case assorti, un représentant, ou un employé de banque. Il a du charme, et il le sait. Il cherche les regards féminins et distribue sans avarice ses sourires ultra-brite. Je ne vais pas m’en plaindre, j’en ai profité. C’est un chasseur, il a l’âge de profiter de la vie. Pourtant, il regarde davantage les femmes plus mûres que les jeunes filles. Si Françoise Dolto était là, elle nous dirait qu’il a eu des problèmes avec sa mère, et qu’il cherche un contact avec une femme qui lui ressemble. Foutaise, Freud, Dolto, et tant d’autres ! Ce qu’il cherche, c’est peut-être tout simplement l’expérience et la séduction… Et puis là bas au fond, il y a ce couple attendrissant de personnes âgées. Ils regardent et regardent encore leurs billets, puis les horaires, la peur de se perdre, de rater le train. Ils ont plusieurs sacs sur un chariot, dont dépassent des paquets emballés dans des papiers multicolores. Probablement des grands-parents qui vont voir leurs petits enfants. Ils manipulent une pochette de photographies avec tendresse, regardent ensemble les visages enfantins, s’étonnant à chaque fois d’y découvrir quelque chose qui leur avait jusqu’ici échappé. Avant de partir, j’irai leur demander s’ils ont besoin d’être aiguillés. Je n’aimerais pas qu’ils ratent ce rendez-vous d’une extrême importance par négligence de ma part… Et puis, il y a Pierre. Pierre est sans domicile fixe depuis trois ans, lorsque sa femme est partie avec ses enfants en vidant son âme, l’appartement et le compte en banque. Dépression, chômage, puis plus de chômage, plus d’argent, plus de toit, plus de toi ni de moi, plus de vie. Après la nuit qu’il passe dehors, il vient se réchauffer ici. De temps à autre, je l’invite à partager mon petit déjeuner. Ca lui permet de parler, je pars contente, chacun reprend sa vie. Il est l’heure. Je vais rater ma correspondance. Le couple de grands-parents est parti entre temps, le patron de la brasserie les a confiés à un auxiliaire de la SNCF. Demain, je reviendrai, et je crois que je regarderai le monde…
Juin 2007 - N.
Merci«Un seul mot, usé, mais qui brille comme une vieille pièce de monnaie : merci !»
[ Pablo Neruda ] Il meurt lentement celui qui ...La poésie de Pablo Neruda: du pain pour l'homme
Jef Maes 03-03-2004 IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI....
Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu. Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés. Vis maintenant! Risque-toi aujourd'hui! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement! Ne te prive pas d'être heureux! Pablo Neruda OuvertureOuverture de l'un à l'autre ... de l'un vers l'autre... de l'un pour l'autre... de N. vers H.... de H vers N....
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