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24 October Un voilier passe
UN VOILIER PASSE Pour Alain, mon frère, décédé le 23 octobre 1964 20 October Hommage à Soeur Emmanuelle, la "chiffonnière du Caire"Le vide se comble par l’amour
« J’ai senti très jeune le vide. J’aimais m’amuser, danser, aller au cinéma. Tout cela ne me laissait rien. Habitant Bruxelles, je faisais une escapade à Londres. Je m’amusais. Je rentrais. Et après ?
J’allais à Paris. Je m’amusais. Je rentrais. Et après ? Il y avait toujours ce vide. Ce vide qui happait ma jeunesse.
J’ai tenté de combler ce vide. Très tôt j’ai cherché en Dieu un amour durable et sans limite, tel que la vie terrestre me l’avait refusé. Plus loin que mes larmes, je me suis mise en quête du chemin qui me permettrait de rejoindre Jésus dans le royaume de l’amour. J’ai voulu un absolu. Cet absolu serait l’amour du Christ dans mon cœur, que je porterais à des milliers d’enfants laissés pour compte de par le monde. »
« J’ai cru être pauvre parmi les pauvres, au bidonville. J’étais en réalité beaucoup plus riche que je ne le suis aujourd’hui.
Chaque jour qui passe, je m’appauvris au fur et à mesure, les forces physiques quittant doucement mon corps.
Je me rapproche du tout dans l’épreuve du rien, le nada, comme dit Jean de la Croix.
Le nada est toujours un peu plus loin devant soi.
La pauvreté physique est le nada le plus difficile à vivre car elle touche l’être même.
…/…
La mort est l’appauvrissement ultime.
La mort est le nada ultime.
Le dénuement est un enrichissement.
Il n’y a de dénuement que pour un enrichissement.
Le nada devient le tout.
…/…
Si je veux le tout qui est Dieu, je dois laisser tomber tout ce qui n’est pas Dieu.
Le chemin du tout, c’est le rien.
Sur terre, je ne sais pas si j’arriverai complètement au rien.
Peut-être Sainte Thérèse d’Avila ou Saint Jean de la Croix y sont-ils parvenus.
…/…
Au moment de la mort on entre dans le tout.
Dans la vie terrestre, nous sommes immergés en Dieu qui est le tout, mais nous ne le savons pas.
Au moment de la mort, nous verrons à quel point nous sommes inséparables de la vie de Dieu qui nous a donné l’être –
Qui nous donne la volonté,
Qui nous donne la bonté,
Qui nous donne l’amour. »
"Le jour de ma mort sera le plus beau de ma vie.
La mort me fait chanter dans mon cœur.
Au moment où je me rapproche des éternités des éternités, je vois la mort pareille au mouvement de l’enfant qui se jette dans les bras de son père.
Je me replace dans cette vérité essentielle de ma foi en le Seigneur.
Je suis sa fille.
Je suis née et j’entrerai dans la mort par ce lien de filiation aimante qui a traversé toute ma vie.
Je me prépare à vivre la rencontre filiale avec mon Seigneur.
L’Amour, dans un face-à-face d’éternité.
Enfin."
Soeur Emmanuelle - Mille et un bonheurs - Méditations de Soeur Emmanuelle - éditions carnetsnord 8 October Ce ne sont pas les bonnes questions
Comme la Foi est faible ! Comme la Foi peut être faillible ! –« J’ai la Foi ! » Comme cette petite phrase sonne clair lorsque tout va bien, que l’on est heureux, que rien ne vient ternir le ciel de notre vie. Puis un jour, le ciel s’obscurcit. S’ensuit une tempête d’une violence sans pareil, un évènement dont nous nous croyions à l’abri. Et notre petit monde de s’effondrer. Pensons-nous dans ce cas à nous adresser à Dieu ? A Lui confier ce que nous ressentons ? A Lui demander Son soutien ? A déposer au pied de la Croix le poids de notre propre fardeau ? A adresser une prière qui nous apporterait la consolation ? Je ne l’ai pas fait. Je dis que j’ai la Foi, je l’écris même ! Mais je ne l’ai pas fait. Pourtant, je crois en Dieu. Jésus m’accompagne. Mais je ne L’ai pas sollicité. Je n’ai pas su. Ma fille a perdu son innocence de fillette de dix ans par la main d’un homme qui avait toute sa confiance. Toutes démarches faites, je n’ai pas eu suffisamment la Foi pour m’adresser à Dieu. Je me suis tournée vers mes enfants, mon Ami, puis quelques autres personnes, et finalement, surtout vers moi-même, ma colère, ma douleur, ma déception, mon dégoût de tout… mais pas vers Celui qui m’aime de toute éternité… Deux semaines durant je n’ai pu véritablement m’adresser à Lui, essayant parfois, n’y parvenant jamais… Désormais aveugle et sourde, j’ai cherché en vain ce lien unique, lisant Sa parole sans la comprendre. Pourquoi ? Pourquoi avait-Il toléré que cela soit infligé à ma fille ? Qu’avait-elle fait pour avoir à subir ce châtiment intolérable ? Pourquoi Dieu, dans sa grande puissance, n'avait-il pas empêché cela ? Ce ne sont pas les bonnes questions. Dieu ne saurait être tenu pour responsable des actes de chacun d’entre nous. Il ne peut pas agir sur le libre arbitre, qui fait de chacun, justement, un homme libre. Si un individu fait le bien autour de lui, c’est cet individu qui fait le bien. S’il fait le mal, c’est lui qui fait le mal. Pas Dieu… Cela doit être, en quelque sorte, inscrit en nous. Comme il faut un coupable pour que nous puissions supporter nos douleurs, nos chagrins, nous continuons depuis deux mille ans à faire le procès du même homme, à Lui faire payer le prix de nos erreurs de jugement, à Le rendre responsable de nos peines, à condamner un innocent.
N. – 8 octobre 2008 -
3 October Huit et Demi - La danse de SaraghinaHuit et demi est le titre d'un très beau film de Federico Fellini.
Dans l’une des scènes, on peut voir un Frère chrétien en excursion avec un groupe d’enfants de huit à dix ans. Ils se promènent sur une plage. Le frère, entouré de trois ou quatre garçons, marche assez loin derrière. Et voici que les premiers enfants croisent une femme assez âgée, qui se trouve être une prostituée.
-« Salut ! » lui disent-ils. -« Salut, répond-elle. Puis l’un d’eux demande : -« Qui es-tu ? » -« Je suis une prostituée. » Ils ne savant pas ce que cela veut dire, mais ils font semblant. L’un des garçons, qui paraît un peu plus averti que les autres, déclare : -« Une prostituée est une femme qui fait certaines choses quand on la paie. » Les autres lui demandent : -« Est-ce qu’elle nous ferait ces choses si on la payait ? » -« Pourquoi pas ? » dit le gamin. Alors ils font une collecte, portent l’argent à la femme, et lui demandent : -« Feras-tu certaines choses devant nous maintenant que nous t’avons donné de l’argent ? » -« Bien sûr les enfants, dit-elle, que voulez-vous que je fasse ? » -« Voudrais-tu danser ? » -« Certainement, dit-elle. Alors les enfants forment un cercle autour d’elle et commencent à chanter et à frapper dans leurs mains tandis qu’elle ondule de la croupe. Ils adorent cela. Mais le Frère s’est aperçu de ce qui se passe. Il se précipite vers les enfants et commence à crier sur la femme. Il l’oblige à remettre ses vêtements. Alors on entend le narrateur dire : -« C’est à ce moment-là que les enfants ont été souillés. Jusque-là, ils étaient innocents ; ils étaient beaux. » Anthony de Mello, Quand la conscience s'éveille, Editions Albin Michel, 2002, Collection Espaces libres
Bonjour Tristesse''Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, "Bonjour tristesse", qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.''
Françoise Sagan, Epitaphe rédigée par elle-même "Bien sûr, on a des chagrins d'amour, mais on a surtout des chagrins de soi-même".
"Le plus souvent, la vie n'est plus ce qu'elle devrait être. Les gens se cassent, ou quelque chose se casse en eux." Françoise SAGAN, propos rapportés
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