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28 January

Les nouvelles personnes

 

Beau-Père, Belle-Mère, Demi-Frère, Demi-Sœur… De nouvelles personnes sont apparues aux côtés des pères et des mères. Et comme elles ne portent pas de nom en propre, on a décidé de leur conférer une identité en ajoutant un adjectif, qui en modifie le sens.

C’est ainsi que sont nés les belles-mères et les beaux pères. Un père, une mère, on savait de quoi il s’agissait. C’étaient les personnes qui nous avaient donné la vie. Et « dans le meilleur des mondes », comme aurait dit Pangloss, le philosophe de Candide, c’étaient aussi celles qui devaient nous éduquer, nous élever au sens premier de « donner une élévation », de faire grandir… Or, certains accidents de la vie qui ont pour nom séparation, divorce, abandon, disparition ou décès font que parfois, des personnes étrangères à une famille sont amenées à participer à « l’élévation » d’un enfant qui n’est pas, dès l’origine, le leur. Des beaux-pères, des belles-mères, comme s’il en existait de laids et de laides…  Il s’agit de sortes de pères et de mères de deuxième main, qui pourtant, s’investissent tout autant auprès de la famille qu’ils adoptent que de la leur. Il ne s’agit pas de remplacer, mais d’accompagner. D’accompagner une famille, comme un père, comme une mère, tout simplement, sans adjectif devant. De la même manière, il ne saurait exister de demi-frère, de demi-sœur, tout simplement parce qu’il n’existe pas de demi-personne. Il y a des frères et sœurs de sang, des frères et sœurs de cœur aussi… mais un demi-frère, une demi-sœur, comment les définir ? Est-ce ainsi que l’on nommerait des personnes que l’on n’aimerait « qu’à moitié » ?

N. - 29 janvier 2009

26 January

Hymne à "Notre Amour"

 
22 January

"Parle avec Elle" - Pedro ALMODOVAR

   
 
Ce court métrage en cinéma muet a été conçu et tourné par Pedro Almodovar lui-même, pour les besoins de son film "Parle avec elle". Un chef d'oeuvre dans un chef d'oeuvre.
 
17 January

Dieu est amour : c'est un ange qui me l'a dit

 

« « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. » (1 Jn 4, 16). Ces paroles de la Première Lettre de Saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la Foi chrétienne : l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l’image de l’homme et de son chemin, qui en découle. De plus, dans ce même verset, Jean nous offre pour ainsi dire une formule synthétique de l’existence chrétienne : « Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous. » (Benoît XVI, Dieu est amour, éditions Bayard, collection Cerf, 2006)

Un soir d’automne 2007. Le destin, ou peut-être faut-il dire, la providence, avait mis sur mon chemin un Chrétien, qui avait rencontré Dieu depuis plus de vingt ans. Nous avons dîné ensemble, et notre conversation nous a emmenés sur les chemins de la Foi. Je lui ai parlé de l’image que j’avais de Dieu, le Dieu de mon enfance, père fouettard en tunique, dont la mission était, certes, de pardonner mes offenses, mais aussi et surtout, de me punir pour les avoir commises. Un Dieu vengeur que je n’osais regarder, qui faisait peser sur mes épaules le sentiment d’une présence hostile  lorsque je pénétrais dans une église. Ce soir là, je considérais ma vie, et je me disais que j’en avais gâché une grande partie. Que j’avais commis beaucoup d’erreurs. Que je n’étais plus digne de rien, et surtout pas de croiser le regard de celui qui avait donné sa vie pour le pardon de nos péchés, de mes péchés. J’allais mal… Je n’avais plus pour moi aucune estime, je me sentais laide, sale, et en tous cas, indigne du Dieu que l’ange assis  face à moi avait en vain tenté de me décrire. Absorbée par ma propre histoire et ma propre douleur, je n’écoutais que moi.

L’ange au regard pénétrant, plein de douceur, d’émotion et de compassion, que je ne connaissais que depuis quelques heures, écoutait. Il ne prononçait pas un mot : il écoutait. Il me regardait avec une infinie bonté dans les yeux, irradiait une chaleur particulière et rare. Il écoutait. Puis, lorsqu’enfin j’eus fini, il prononça simplement ces mots :

-« Jésus t’aime, Nelly, il t’aime telle que tu es, avec tes blessures, et il t’aimera de toute éternité. »

Cette parole me laissa sans voix, comme collée à ses lèvres, et j’éclatai en sanglots. Quelqu’un donc m’aimait à ce point, moi, que je n’aimais pas ? L’ange se leva alors, et vint s’agenouiller devant moi, prit mes mains dans les siennes, puis sécha mes larmes. Quelque chose venait de m’atteindre en plein coeur, je ne savais pas encore quoi, mais je venais d’être saisie par une révélation. J’ignorais que ce moment allait être pour moi le début d’une nouvelle vie, et l’aube d’une rencontre avec celui qui allait devenir mon Ami, mon Maître, le Compagnon de ma vie, mon Consolateur.

L’ange aux yeux verts posa ce soir là la première pierre de mon Eglise, me donna la clé de ma Foi. J’essaie depuis de cultiver au mieux, chaque jour, ce jardin merveilleux, et je sais qu’il me soutiendra tout au long de ma quête.

Je ne serai plus jamais seule. J’ai rencontré mon Dieu, et j’ai trouvé mon ange…

13 January

Je connais des bateaux

 

Je connais des bateaux

Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu'ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux
Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini
De s'épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de s'éloigner
L'un de l'autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils
Quand ils ont partagé des années de soleil.

Je connais des bateaux qui reviennent d'amour
Quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu'ils ont le cœur à taille d'océan.

Mannick

 
9 January

Crois-tu qu'un goéland puisse oublier la mer ?

 

Crois-tu qu'un goéland puisse oublier la mer?
Je vais aux sables et aux torrents
Écrire une autre page,
Loin de la ville où tu m'attends
Mais ce n'est qu'un voyage.
N'aie pas peur, je reviendrai de mon désert,
N'aie pas peur, je reviendrai de mes hivers,
Crois-tu qu'un goéland puisse oublier la mer ?


Je vais apprendre qui je suis
Quand je suis à ma taille

Sans que la trame de ta vie
Me prenne dans ses mailles.
N'aie pas peur...
Je vais ébouriffer mon cœur
Au vent de l'aventure,
Exorciser toutes mes peurs
A coups d'égratignures.
N'aie pas peur...

 

Mannick

 
7 January

Et si en plus y'a personne - Alain SOUCHON

 
 
 
6 January

Une petite veste en laine

Une petite veste en laine

 

Il faisait beau ce soir d’été au cœur de la petite ville pittoresque, un beau soir de fin de mois d’août, et le petit port de Saint Goustan revêtait une tendre douceur. Il faisait bon, et nous nous sommes assis à une petite table à la terrasse d’un café caché dans une ruelle. Nous avons commandé un chocolat chaud… Ah ! le chocolat chaud, toujours un peu trop chaud d'ailleurs, boisson à l’éternelle odeur d’enfance, au goût doux amer unique et sensuel, qui laisse autour des lèvres une empreinte brune que l’on caresse du bout de la langue, délicatement, pour effacer toute trace du délit…

Puis tout à coup, le petit vent frisquet qui se lève, et nous saisit. Il ne manque que… la petite veste de laine, la toute vieille, celle qui est usée par tant et tant de lavages, dont la couleur originelle a disparu avec le temps passé. Celle dont la fermeture à glissière a rendu l’âme depuis longtemps. Celle qui a couvert mon ventre frémissant de vie, et qui, toute détendue par tant de sollicitude et d’attention, n’a plus de forme. Celle qui a réchauffé l’enfant contre le sein maternel, avec laquelle il s’est endormi lorsqu’il était effrayé. Celle qui a connu mes plus grandes joies, mais aussi mes plus profonds chagrins, et qui m'a réconfortée entre ses bras de laine boulochés et usés. Celle que j'enfile chaque fois qu’un évènement majeur intervient dans ma pauvre petite vie.

Elle manquait ce soir là, la petite veste en laine, pas seulement parce qu’il faisait frais, pas seulement parce que le moment était beau, mais parce qu’elle aurait accompagné à merveille la douce dégustation du chocolat chaud…

N. – 6 janvier 2009

 
5 January

la Paix est un Travail

 

"La Paix aurait pu être une fleur sauvage, de ces fleurs des champs que nul ne sème ni ne moissonne. La Paix aurait pu être une fleur des prés que l’on trouve toute faite un beau matin au bord d’un chemin, au pied d’un arbre, ou au détour d’un ruisseau. Il aurait suffit de ramasser la Paix comme on ramasse les champignons, ou comme on cueille la bruyère ou la grande marguerite.

Au contraire, la Paix est un travail. C’est une tâche. Il faut faire la Paix, comme on fait le blé. Il faut du temps pour faire la Paix, comme il faut des années pour faire une rose et des siècles pour faire une vigne.

La paix n’existe pas à l’état sauvage : Il n’y a de paix qu’à visage humain."

Jean Debruynne – Dans une église des Hauts de Seine – Décembre 2001

 

"Les séparés" - Julien Clerc

 
 

"Fais-moi une place..."

 
 
 

Aller de l'avant...

 

« Nous ne pouvons vivre tournés vers le passé. Il faut aller de l’avant. Mais l’avenir s’invente d’autant mieux que l’on sait d’où l’on vient. »

Extrait d’un entretien avec Christian SIGNOL, écrivain, auteur entre autres œuvres de La rivière Espérance.

Les coeurs brûlés

 
...
 
L'amour a oublié mon coeur brûlé
Pourtant tout avait si bien commencé
Et puis je l'ai vu partir pour d'autres coeurs
Emportant avec lui le meilleur
Ne laissant que des jours sans couleurs
L'amour éternel Dieu de l'univers
Le plus mystérieux de tous les mystères
Rien ne peut le décourager
Il reviendra c'est juré
Pour apaiser les coeurs brûlés.

 

Nicole Croisille, Les coeurs brûlés


3 January

Sur toi - Zazie

  

2 January

Le temps de la résignation

 

Je suis là, assise dans l’église devant la grande crèche, à regarder la Sainte Famille, à attendre je ne sais quoi. Je suis venue pour prier, mais je ne parviens pas à me concentrer. Mon esprit s’est tellement laisser aller à ses divagations, qu’il ne sait même plus ce que nous faisons là, lui et moi. Soudain, mon oreille est attirée par la musique de fond qui roucoulait dans l’anonymat, que j’avais fini par ne plus entendre. Des cornemuses, des flûtes, une musique aux accents bretonnants, et je m’évade…

Nous sommes au bord de cette plage, nos pieds foulent le sable aux gros grains ronds tandis que je hume le parfum un peu lourd et salé de l’air ambiant. Tu connais bien ce parfum, celui de ton enfance, pour moi si nouveau et si pur. J’entends les mouettes et tous les autres oiseaux de mer dont j’ignore le nom, qui décrivent au dessus de nos têtes de magnifiques arabesques tandis qu’en fermant les yeux, nous sentons sur nos visages le souffle léger du vent de cette fin d’été. Le ciel a revêtu une parure improbable allant du violet au rose en passant par toutes les nuances de rouge, qui me fait penser que seule la main de Dieu peut avoir peint ce tableau là. C’est une belle soirée. Les varechs échoués donnent au sable une couleur légèrement verte irisée de gris. Je ne sais pas encore que je suis entrain de nourrir pour cet endroit, pour ce pays,  un amour éternel, qui ne me quittera plus. Je ne sais pas encore que mon souhait le plus cher sera de revenir ici, sur cette plage, dans cette région qui m’a attrapée par le bout du cœur, comme si je l’avais toujours connue.

Je reviens dans cette église dont je m’étais échappée en pensée. J’ai un peu honte, j’ai oublié pourquoi j’étais venue, un moment, juste un moment… mais finalement, n’est-ce pas Dieu qui a créé toutes ces merveilles ? Alors je n’étais peut-être pas si loin que cela de Lui… Quand même, je lui demande Pardon d’avoir oublié mes prières pour laisser vagabonder mon esprit. Puis vient le temps de la résignation, qui suit de près celui des larmes et des souvenirs, des espoirs et des désillusions, des blessures qui guérissent en laissant une vilaine cicatrice, que l’on tente de cacher comme on peut… La résignation, « un suicide quotidien », disait Balzac, à moins qu’il ne s’agisse d’un mode de vie, qui permet de tirer un trait définitif sur les illusions et les mirages…

N. – 2 janvier 2008

 
 

Les Moulins de mon Coeur

Les moulins de mon coeur

Comme une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Comme un manège de lune
Avec ses chevaux d'étoiles
Comme un anneau de Saturne
Un ballon de carnaval
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Comme un écheveau de laine
Entre les mains d'un enfant
Ou les mots d'une rengaine
Pris dans les harpes du vent
Comme un tourbillon de neige
Comme un vol de goélands
Sur des forêts de Norvège
Sur des moutons d'océan
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D'un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

Ce jour-là près de la source
Dieu sait ce que tu m'as dit
Mais l'été finit sa course
L'oiseau tomba de son nid
Et voila que sur le sable
Nos pas s'effacent déjà
Et je suis seul à la table
Qui résonne sous mes doigts
Comme un tambourin qui pleure
Sous les gouttes de la pluie
Comme les chansons qui meurent
Aussitôt qu'on les oublie
Et les feuilles de l'automne
Rencontre des ciels moins bleus
Et ton absence leur donne
La couleur de tes cheveux

Une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau
Au vent des quatre saisons
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur
 
Eddy MARNAY - Michel LEGRAND
1 January

L'Amour, selon Saint paul

 

 

L'amour est patient,

l'amour est serviable,

l'amour n'est pas envieux,

il ne se vante pas,

il ne se gonfle pas d'orgueil,

il ne fait rien de malhonnête,

il n'est pas intéressé,

il ne s'emporte pas,

il n'entretient pas de rancune,

il ne se réjouit pas

de voir l'autre dans son tort,

mais il se réjouit

avec celui qui a raison ;

il supporte tout,

il fait confiance en tout,

il espère tout, il endure tout.

L'amour ne passera jamais.

(1ère lettre de Saint Paul aux Corinthiens 12, 4-8)

 

Un océan de temps

 

« J’avais toujours entendu dire qu’à l’instant de votre mort, votre vie entière se déroulait devant vos yeux en une fraction de seconde.

Tout d’abord, cet instant dure beaucoup plus longtemps qu’une fraction de seconde… Il s’étend jusqu’à l’infini, comme un océan de temps.

Pour moi, c’était d’être allongé dans l’herbe en été pendant les vacances, à regarder les étoiles filantes. Et les feuilles des arbres qui bordaient notre allée, tourbillonnaient dans le vent d’automne. Ou les mains de ma grand-mère, et cette peau sèche et ridée comme du parchemin. Et la première fois que mon cousin Tony est venu chez nous dans sa superbe voiture. Et Janie, et Janie… Et Carolyn. Bien sûr, je pourrais être aigri de ce qui m’est arrivé, mais c’est inutile. Il y a tant de beautés dans le monde, parfois, j’ai l’impression qu’elles me submergent de partout en même temps et c’en est trop. Mon cœur se remplit comme un ballon prêt à exploser. Et là, je comprends qu’il faut que je lâche prise, que j’arrête d’essayer sans cesse de m’y accrocher. Et ça glisse sur moi comme de la pluie. Et je ne peux plus rien éprouver d’autre que de la gratitude pour chaque instant de mon insignifiante petite vie.

Vous ne comprenez pas ce que je suis entrain de vous dire, n’est-ce pas ?

Ne vous en faîtes pas, un jour…

Vous comprendrez. »

From "American beauty"