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"Une chose m'a interpellé: Dieu a créé la lumière au premier jour, le soleil et les astres au quatrième". (Maurice BEJART)

Dieu a aussi son enfer : c'est son Amour des Hommes ( Friedrich NIETZSCHE)
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June 21

La Fête des Pères

 

Mardi 9 juin 2009 – Préparation KT

 Sujet : Illustrer un pardon donné ou demandé.

« C’est l’histoire d’un petit garçon de huit ans, qui a été maltraité par son papa.

Son papa lui criait très fort dessus, et le frappait sans raison. (Image 1)

Actuellement, le papa n’a plus le droit de voir son petit garçon, afin qu’il ne puisse plus lui faire de mal. Mais le petit garçon espère qu’un jour, lorsqu’il sera prêt à revoir son papa, celui-ci lui demandera « Pardon ». (Image 2)

Le petit garçon est prêt à accorder son pardon à son papa, s’il lui promet de ne plus jamais lui faire de mal. (Image 3)

Le petit garçon de l’histoire se trouve parmi vous à ce rassemblement. Toutefois, il ne souhaite pas que son nom soit dévoilé. Pour lui, et pour son papa. »

Sujet choisi par Mathis, et préparé avec lui, selon ses desiderata. Illustrations d'après "Le Petit Prince", de Joann SFAR, septembre 2008

 

June 04

Amitié et Liberté

 

 

« L’amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n’est pas étrangère à l’amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible. »

 

Tahar Ben Jelloun

Extrait d’Eloge de l’Amitié             

 

 

Cette définition de l’amitié me semble aujourd’hui infiniment juste et raisonnable, au sens premier du terme. Car, si l’amitié est réellement une affaire d’hommes, aussi profonde que peut être l’amour, mais différemment, elle ne saurait en aucun cas devenir une aliénation. En effet, qui dit aliénation, dit soumission, obligation, prise de pouvoir de l’un sur l’autre, et donc, pour celui-là, perte de liberté.

 

L’amitié ne peut subsister que dans l’affranchissement total de tous. « Liberté » doit rester le maître mot dans cette forme d’amour là, comme dans les autres d’ailleurs. Liberté d’accueillir et d’être accueilli, liberté de partager ou de garder pour soi, liberté pour chacun de vivre sa vie comme il l’entend, sans contrainte, sans compte à rendre.

 

Liberté d’être là, mais aussi de ne plus l’être. Liberté de recouvrer… sa liberté.

Liberté d’accepter ou non le silence de l’autre. Mais sans cette acceptation, peut-on encore parler d’amitié ?

 

N. – 3 juin 2009

 

 

May 04

Que serais-je sans toi - Ferrat chante Aragon

 
 

Amour et souffrance

 
 

« C'est toujours de l'amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien. »

 

Christian BOBIN

April 30

L'essentiel

 

« S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel. »

Loïck PERRON

 

 
Arbéost, 23 avril 2009
 
April 16

Resucito !!

 
 

Resucito, resucito, resucito, alléluia !  Alléluia, alléluia, alléluia, resucito !

La muerte, donde esta la muerte ? Donde esta la muerte ? Donde su victoria ?

 

 

 

 

Final de "La Passion" en 5 tableaux, par les jeunes de l'Aumonerie de la Paroisse Saint Pierre des Grands Lacs - 3 Avril 2009

 

April 08

Talitha Koum

 
 

« J’allai trouver abba Macaire tourmenté par les pensées et les passions du corps. Je lui dis : Mon Père, dis-moi une parole, que j’en vive. Abba Macaire me dit : attache la corde de l’ancre à la pierre, et par la grâce de Dieu la barque traversera les flots de la mer … je lui dis : quelle est la barque, quelle est la corde, quelle est la pierre ? Abba Macaire me dit : la barque c’est ton cœur, garde-le ; la corde c’est ton esprit, attache-le à Jésus qui est la pierre qui a la puissance sur tous les flots … »

Talitha Koum – Patrice GOURRIER et  Jérôme DESBOUCHAGES – Edition Desclée de Brouwer – 2001

Note : Talitha Koum ! Ces mots n’ont rien d’une formule magique ou ésotérique, ils reprennent ceux que prononce Jésus dans l’évangile de Marc en ressuscitant une petite fille : « Eveille-toi !

April 06

La Chasse à la Vipère

 

Tu sais bien tu dis toujours que tu m'aimes
Et tu voudrais que dans mille ans, je m'en souvienne
Je sais bien tu dis toujours que tu m'aimes
Et si je t'aimais pas, tu m'aimerais quand même

Tu sais bien, tu dis toujours que tu m'aimes
Et tu voudrais que dans mille ans, je m'en souvienne
On sait bien pourtant qu'on est tous les mêmes
Et qu'à  la fin tout ça, ça finit dans la peine.

On sait bien que tout ça, ça sert à rien
Que c’est comme les bouteilles qu'on balance à la mer
Ca sert à rien d'aller voir les requins
Et de leur supplier d'être un peu moins amers.

On sait bien que tout ça, ça sert à rien
Que c'est comme les bouteilles qu'on balance à la mer
Viens plutôt faire un tour dans le jardin,
Tu verras, c'est super, la chasse à la vipère...


Mickey 3d - La Chasse à La Vipère – Album Matador - 2005

 

March 31

Une main qui glisse, comme un lien ...

 

Il existe comme ça des petits moments de douceur, des petits moments de bonheur, des surprises qui viennent rompre le quotidien. Des moments vrais, des moments frais, des petits miracles, quand juste quelques mots viennent apporter un nouvel éclairage. Ce sont quelques notes tendres qui nous sont adressées, et qui, sur la portée de notre vie, composent le plus merveilleux message qui soit donné : nous sommes aimés.

Hier, j’ai reçu ces quelques lignes. Ce n’est pas de la littérature. Et Dieu merci : l’expérience m’a  démontré que derrière les jolis mots trop bien écrits, trop bien pesés, trop bien réfléchis, ne se cachent pas forcément les sentiments les plus forts. Ici, le texte est court. Les mots sont simples. Ils ne parlent pas de moi. Pas de compliments, donc, pas de flatteries à l’emporte-pièce. L’homme qui parle évoque ses sentiments à lui, pour moi. Pour moi seulement.

Hier, j’ai reçu un véritable message d’Amour. C’était très simple. C’était très beau.

«  A ma très Chère et Douce,

Je te dédie ce petit morceau de musique pour te dire que je suis heureux et fier de t’avoir rencontrée un certain mois d’octobre.  Je n’oublierai  jamais ce jour de grand soleil à l’ombre d’une terrasse entrain de prendre un verre…et les conversations que nous avons eues…

Tu as changé bien des choses dans ma vie, Nelly…

Je ne suis pas un très grand écrivain ou philosophe pour te dire ce que je ressens et je m’en excuse mais ce sont mes mots et je pense qu’ils sont aussi importants à mes yeux, Mon amour pour toi grandit de jour en jour…

Comme dans les paroles, je reviens d’assez loin, pour te voir, pour être bien, chaque endroit me pousse vers toi…

Je pense que ces quelques vers nous correspondent assez bien…

Voilà…

Je finirai ce petit mot par ces quelques paroles,

Tiens, comme un rien,

Je reviens, d’assez loin,

Pour te voir, pour être bien,

Chaque endroit,  me pousse vers toi,

Tiens, comme un chien,

Je croise, ton chemin,

Dans le creux de tes seins,

Tu es mon maître, mon malsain,

Tiens, comme une main,

Qui glisse vers un lien,

Qui fond de mes doigts, oui vers toi,

Un endroit qui me pousse vers toi,

Voilà… »

 

 
March 26

... car Dieu prend tout lorsqu'il vient.

LA ROCHELLE – Eglise SAINT SAUVEUR - Samedi 21 Mars 2009 – 15h30

 

Nous sommes venus à La Rochelle pour passer deux jours à découvrir la ville, ainsi que l’Ile de Ré. Du tourisme, donc, rien de plus que du tourisme ? Je ne sais pas pourquoi j’ai proposé La Rochelle. Par curiosité, peut-être, puisque je n’y suis jamais venu. J’ai envie de voir les deux tours qui encadrent l’entrée du Vieux Port.

La curiosité donc, oui, mais pas seulement. Quelque chose m’attire à La Rochelle, une sorte de force. Pour rien au monde je n’aurais voulu rater ce voyage, ou le déplacer. Il aurait fallu… un empêchement physique pour ne pas y aller. Je ne peux expliquer aujourd’hui encore pourquoi cette destination avait autant d’importance à mes yeux, pourquoi il fallait que ce fut La Rochelle.

Nous arpentons depuis deux heures les ruelles qui bordent le Vieux Port. Et puis, soudain, les flèches d’une église, au détour d’une petite rue sans prétention. L’édifice également, d’ailleurs, est sans prétention. Une façade rafistolée, de diverses époques, érodée par le vent et le sel. Nous prenons quelques photos. J’aime les églises pour le bâtiment, l’architecture, le travail que leur construction a représenté. L’aspect purement religieux de l’endroit m’indiffère. Comme une grande partie de mes concitoyens, j’ai reçu une éducation catholique, j’ai été baptisé, fait mes deux communions et la confirmation. Je suis « à jour » de ce côté-là. Mais sans plus. Cela fait longtemps que mes rapports avec Dieu se sont distendus. Cependant, je dois introduire un léger bémol, qui revient chaque année : la messe des Rameaux. Je ne saurais dire pourquoi je ressens le besoin de m’y rendre, et d’accrocher chez moi la fameuse petite branche de buis séchée entre les pages d’un livre… Que représente pour moi l’entrée de Jésus à Jérusalem ? Je ne saurais le dire…

15h30. Nous entrons par la porte latérale, il n’y a pas de porte qui donne directement sur l’allée centrale. Dans un recoin, à droite, à proximité d’un petit oratoire, une statue de Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus. Je la remarque, mais sans plus. Non, ce qui m’attire, c’est le texte qui est apposé à côté, et décrit comment Sainte Thérèse a été investie par sa mission, elle, si simple… Je commence à ressentir des fourmillements dans les pieds, puis progressivement, dans les jambes. Cette sensation m’est désagréable, je ne l’attribue à rien de précis, mais elle me dérange.

Sur la droite, une statue de Notre Dame de Lourdes. Elle se tient là, toute blanche avec une ceinture bleue, une auréole : « Je suis l’Immaculée Conception »… et un regard… un regard d’une telle profondeur que l’on pourrait s’attendre à la voir ciller. Je la regarde. Et je crois qu’elle aussi, me regarde. Je reste là, stupéfait par sa beauté, et accroché à ses yeux si vivants dans leur parfaite immobilité. Je ne peux me détacher de son image. Les fourmillements ont progressé, et j’éprouve maintenant une sensation d’enfoncement au niveau du sternum, de pression sur le diaphragme. Lorsqu’enfin je parviens à détacher mon regard du sien, mes pas me conduisent vers un autre oratoire. Une petite pancarte signale : « Chapelle du Saint Sacrement. Ici, présence eucharistique. Lieu de silence et de prière. » Je franchis la barrière, et m’assieds.

Je regarde un tableau accroché sur le mur face à moi. Du dessin représenté, je ne me souviens pas, et qu’importe au fond. Il y avait quelque chose de rouge, sur un arrière plan foncé, et juste en dessous, un Christ en croix. Je ferme les yeux. Cela fait des années que je ne me suis pas adressé à Dieu : j’ai un contentieux avec lui depuis 1999, date du décès de ma belle-sœur et du diagnostique de ma maladie. Une maladie qui devrait m’accompagner tout le reste de ma vie…  Je ne sais pas pourquoi je choisis ce jour et ce lieu pour renouer le dialogue. Alors, je parle à Dieu comme je le ferais à un confident. J’évoque ma maladie, mon fils atteint du même mal que moi. Je dis à Dieu que j’irai à Lourdes au mois d’avril pour la première fois et que j’appréhende cette visite : je ressens le besoin d’y aller, mais j’ai peur de ce que je vais y trouver, j’ai peur qu’il « se passe quelque chose ». Je lui parle aussi de personnes avec qui j’ai été en conflit, et lui confie mes désirs d’entrer sur un chemin de pardon vis-à-vis d’elles. Probablement l’effet de la réunion Théophile du jeudi précédent, dont le thème était « Péché, Pardon, Réconciliation »… Je me sens plus ouvert. Je le remercie enfin pour une rencontre récente, chère à mes yeux et à mon cœur, qui me permet à nouveau d’envisager l’avenir avec bonheur et de faire des projets de vie.

Tout à coup, ma gorge se serre fortement. Une sensation de malaise m’envahit. J’ai beaucoup de fourmis dans les mains, et je me mets à trembler de tout mon corps. J’ai peur de ce qui m’arrive. J’ai besoin de sortir de là, tout de suite, mais je n’y parviens pas. Je suis comme vissé sur ma chaise, et mes jambes ne me porteraient pas, de toutes façons. Je suis vide. Il n’y a plus rien dans ma tête. Je panique. Je ne maîtrise plus rien. Mon corps s’agite en tremblements. La personne qui m’accompagne se met à genoux devant moi. Elle pose ma tête sur son épaule, et prend mes mains entre les siennes. Comme j’essaie de retenir les larmes qui montent en moi, elle me dit doucement, au contraire, de les laisser couler. « Ce sont des larmes de consolation, qui entrainent les poids trop lourds à porter. », me dit-elle. Alors, je laisse faire, et je me mets à pleurer comme lorsque j’étais enfant. Je n’ai pas versé une seule larme depuis cette époque. Ce moment dure plusieurs minutes. Je sens partir au fil de l’eau des peines qui pèsent lourd depuis longtemps, trop longtemps, et que je ne peux plus porter. Je ne sais pas quoi au juste. Peut-être aurai-je plus tard la réponse. Mais c’est encore trop tôt. Je laisse là, en cette heure et en ce lieu, une partie de mes souffrances au pied de la Croix. Et la paix se fait en moi. Les tremblements s’apaisent, les larmes se tarissent, les forces reviennent.

Je suis sorti de cet endroit avec le sentiment d’être plus léger, transformé, serein. Je sais déjà que je ne regarderai plus jamais le monde de la même manière. C’était le 21 mars 2009, en l’église Saint Sauveur de La Rochelle…

Vincent – 26 mars 2009

«  … lorsque je suis arrivé à mon lit, j’ai été projeté par terre, mes jambes se sont dérobées. Ce qui m’arrivait était d’une violence inouïe. S’il faut une image pour tenter d’exprimer ce que j’ai alors ressenti, je prendrais celle du vase. Le mien était rempli d’eau croupie, il s’est brusquement vidé pour faire place à une eau vive et pure. »

« Une joie si profonde, si intense qu’elle vous arrache des larmes ! L’amour entre en vous et prend littéralement toute la place. Le « costume » humain craque aux coutures. L’esprit est traversé d’un sentiment paradoxal ; il applaudit à cet envahissement mais, du même mouvement, il en a peur car Dieu prend tout lorsqu’il vient… »

Didier DECOIN - Panorama – Mai 2003

 

Welcome

 
 « Il a fait 4 000 kilomètres à pieds pour rejoindre celle qu'il aime et maintenant il veut traverser la Manche à la nage. Et moi quand t'es partie je n'ai pas été fichu de traverser la rue pour te rattraper » 
 
 Vincent Lindon,  à Audrey Dana, in Welcome, de Philippe Lioret - mars 2009
 
 
Allez, un petit geste, quoi. Il suffit de recharger le portable d’un sans-papier ou de lui offrir un bol de soupe… Vous devenez ainsi un “aidant”, passible de 5 ans de prison et 30 000 € d’amende. Une dizaine d’associations, dont Emmaüs, relayant le message du film “Welcome”, lancent un appel à toutes les bonnes volontés. Et faut se bouger : le ministère de l’Immigration compte sur 5 500 arrestations cette année. (Télérama, en relais du film Welcome)
 
Note personnelle : Jusqu'à aujourd'hui, je croyais qu'en France, refuser de nourrir une personne qui a faim relevait pour le moins de l'incivisme, voire de la non assistance à personne en danger. J'ignorais que donner à manger à un être humain pouvait relever de la cause pénale... Nous serions nous trompés d'époque ? ...
 
 
     
 
 
March 16

Les Saisons - Alain SOUCHON - Album " Ecoutez d'où ma peine vient " - 2008

      

Hommage

 
"J'ai fait l'amour, je fais le mort."
(Alain Bashung - 7 Mars 2009)

Amour et Confiance

Si tu penses qu’Amour rime avec Aliénation de la Liberté, alors tu te trompes. L’Amour n’est pas et n’a jamais été l’Aliénation de la Liberté de l’autre. Celui que tu aimes, ne t’appartient pas. Tu ne lui appartiens pas non plus. Le Créateur lui-même a voulu la liberté de sa Créature, lui laissant son libre arbitre, alors qu’il aurait eu toute aptitude à la contraindre. Non. Il ne l’a pas fait. Il a accordé à l’homme sa confiance, au nom de l’Amour qu’il lui porte. Alors, toi aussi, si tu aimes, accorde ta confiance. L’Amour ne peut pousser que dans le terreau de la confiance. Si tu ne peux accorder ta confiance, alors tu n’es pas dans l’Amour. Car l’Amour est indissociable de la confiance.

N – 13 mars 2009

March 11

Qui sommes-nous ?

 

La vie est une série de Pâques, c'est-à-dire de naissances impliquant le consentement à une mort préalable, depuis la sortie du sein maternel, jusqu’au dernier soupir, où nous devrons accepter de mourir à notre vie naturelle pour entrer dans la vie de Dieu lui-même. Entre ces extrêmes, deux autres étapes sont fondamentales : le passage de l’enfance à l’adolescence, et celui de l’état adulte à la maturité, c'est-à-dire à la découverte de notre identité véritable. Or devenir soi-même ne peut se faire qu’au prix de la mort des personnages que nous avons endossés pour paraître aux yeux des autres - ou des nôtres. Ce passage est particulièrement délicat, car il se fait le plus souvent à l’occasion d’une épreuve, d’un échec, d’une « crise » qui remet en cause ce que nous avions soigneusement mis en place.

Chacun de nous un jour ou l’autre, est invité à offrir son « Isaac », à accepter de mourir à ce qu’il y a d’inauthentique en sa vie, pour accéder à son identité profonde.
Certes nous désirons tous devenir nous-mêmes ; mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Combien d’entre nous résistent avant de faire «le grand saut », car il s’agit de mourir avant de renaître : il faut en effet accepter de perdre, sans savoir par avance ce que nous trouverons. »                    D’après une homélie du Père Joseph Marie – Famille de Saint Joseph

March 07

Journée de la Femme

 
...
February 24

Deuil et Chagrin

 

30 novembre 

Ne pas dire Deuil. C'est trop psychanalytique. Je ne suis pas en deuil. J'ai du chagrin.

2 avril

Qu'ai-je à perdre maintenant que j'ai perdu la Raison de ma vie - la Raison d'avoir peur pour quelqu'un.

Journal de Deuil, Roland BARTHES

Livre de l'Intranquilité

J'ai duré des heures ignorées, des moments successifs sans lien entre eux, au cours de la promenade que j'ai faite une nuit, au bord de la mer, sur un rivage solitaire. Toutes les pensées qui ont fait vivre des hommes, toutes les émotions que les hommes ont cessé de vivre, sont passées par mon esprit, tel un résumé obscur de l'histoire, au cours de cette méditation cheminant au bord de la mer. J'ai souffert en moi-même, avec moi-même, les aspirations de toutes les époques révolues, et ce sont les angoisses de tous les temps qui ont, avec moi, longé le bord sonore de l'océan. Ce que les hommes ont voulu sans le réaliser, ce qu'ils ont tué en le réalisant, ce que les âmes ont été et que nul n'a jamais dit - c'est de tout cela que s'est formée la conscience sensible avec laquelle j'ai marché, cette nuit-là, au bord de la mer. Et ce qui a surpris chacun des amants chez l'autre amant, ce que la femme a toujours caché à ce mari auquel elle appartient, ce que la mère pense de l'enfant qu'elle n'a jamais eu, ce qui n'a eu de forme que dans un sourire ou une occasion, à peine esquissée, un moment qui ne fut pas ce moment-ci, une émotion qui a manqué en cet instant-là - tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, a marché à mes côtés et s'en est revenu avec moi, et les vagues torsadaient d'un mouvement grandiose l'accompagnement grâce auquel je dormais tout cela.

Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste. Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs! Combien de larmes pleurées par ceux qui obtenaient, combien de larmes perdues par ceux qui réussissaient! Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme. Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer! Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d'exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l'émotion en marées hautes!

Ce que l'on a perdu, ce que l'on aurait dû vouloir, ce que l'on a obtenu et gagné par erreur; ce que nous avons aimé pour le perdre ensuite, en constatant alors, après l'avoir perdu et l'aimant pour cela même, que tout d'abord nous ne l'aimions pas; ce que nous nous imaginions penser, alors que nous sentions; ce qui était un souvenir, alors que nous croyions à une émotion; et l'océan tout entier, arrivant, frais et sonore, du vaste fond de la nuit tout entière, écumait délicatement sur la grève, tandis que se déroulait ma promenade nocturne au bord de la mer...

Qui d'entre nous sait seulement ce qu'il pense, ou ce qu'il désire? Qui sait ce qu'il est pour lui-même?

Fernando PESSOA, Livre de l’Intranquilité

 

L'intranquilité

L’INTRANQUILITE

 

Plus que du vent qui passe par ici
Des regards se croisent et se fuient
Je me renvoie si souvent qui je suis
Je passe le temps moi je m'oublie
Plus que du vent ne tombe de la pluie
Je jette un œil moi je m'envie
Je passerais bien du temps là-bas
Ici mon ami
Jamais ne répond à mes écrits
Juste une idée passe qui me suit
Juste une idée pas ce que je suis
C'est juste une idée qui passe et que je fuis
Plus que du vent chargé d'ennemis
Je souffle et souffre me détruis

Sous mon regard de simple ahuri
Je passerais bien du temps avec lui
Plus que du vent ne restait des débris
Je sens l'odeur et toute la nuit
C'était je voudrais partir loin d'ici
Je passe le temps. Moi, je m'oublie
Juste une idée passe qui me suit
Juste une idée pas ce que je suis
C'est juste une idée qui passe et que je fuis

 

Louise Attaque

 

"T'as fait c'que t'as pu avec c'que t'as pas..."

          
 
 "La vie continuera", Etienne DAHO, album L'invitation, Novembre 2007
February 03

Pour ne pas vivre seul

Pour ne pas vivre seul

Pour ne pas vivre seul
On vit avec un chien On vit avec des roses
Ou avec une croix
Pour ne pas vivre seul
On s'fait du cinéma on aime un souvenir
Une ombre, n'importe quoi
Pour ne pas vivre seul
On vit pour le printemps et quand le printemps meurt
pour le prochain printemps
Pour ne pas vivre seul
Je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion
De ne pas vivre seul, de ne pas vivre seul

Pour ne pas vivre seul des filles aiment des filles
Et l'on voit des garçons épouser des garçons
Pour ne pas vivre seul
D'autres font des enfants des enfants qui sont seuls
Comme tous les enfants
Pour ne pas vivre seul
On fait des cathédrales où tous ceux qui sont seuls
S'accrochent à une étoile
Pour ne pas vivre seul
Je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion
De ne pas vivre seul

Pour ne pas vivre seul on se fait des amis
Et on les réunit quand vient les soirs d'ennui
On vit pour son argent, ses rêves, ses palaces
Mais on a jamais fait un cercueil à deux places
Pour ne pas vivre seule
Moi je vis avec toi je suis seule avec toi tu es seul avec moi
Pour ne pas vivre seuls
On vit comme ceux qui veulent se donner l'illusion
De ne pas vivre seuls
.

Dalida

January 28

Les nouvelles personnes

 

Beau-Père, Belle-Mère, Demi-Frère, Demi-Sœur… De nouvelles personnes sont apparues aux côtés des pères et des mères. Et comme elles ne portent pas de nom en propre, on a décidé de leur conférer une identité en ajoutant un adjectif, qui en modifie le sens.

C’est ainsi que sont nés les belles-mères et les beaux pères. Un père, une mère, on savait de quoi il s’agissait. C’étaient les personnes qui nous avaient donné la vie. Et « dans le meilleur des mondes », comme aurait dit Pangloss, le philosophe de Candide, c’étaient aussi celles qui devaient nous éduquer, nous élever au sens premier de « donner une élévation », de faire grandir… Or, certains accidents de la vie qui ont pour nom séparation, divorce, abandon, disparition ou décès font que parfois, des personnes étrangères à une famille sont amenées à participer à « l’élévation » d’un enfant qui n’est pas, dès l’origine, le leur. Des beaux-pères, des belles-mères, comme s’il en existait de laids et de laides…  Il s’agit de sortes de pères et de mères de deuxième main, qui pourtant, s’investissent tout autant auprès de la famille qu’ils adoptent que de la leur. Il ne s’agit pas de remplacer, mais d’accompagner. D’accompagner une famille, comme un père, comme une mère, tout simplement, sans adjectif devant. De la même manière, il ne saurait exister de demi-frère, de demi-sœur, tout simplement parce qu’il n’existe pas de demi-personne. Il y a des frères et sœurs de sang, des frères et sœurs de cœur aussi… mais un demi-frère, une demi-sœur, comment les définir ? Est-ce ainsi que l’on nommerait des personnes que l’on n’aimerait « qu’à moitié » ?

N. - 29 janvier 2009

January 26

Hymne à "Notre Amour"

 
January 22

"Parle avec Elle" - Pedro ALMODOVAR

   
 
Ce court métrage en cinéma muet a été conçu et tourné par Pedro Almodovar lui-même, pour les besoins de son film "Parle avec elle". Un chef d'oeuvre dans un chef d'oeuvre.